Le filament de soie : première fibre lumineuse

La soie semble pouvoir être considérée comme le premier filament lumineux, naturel. Tissée en armure satin, sa lumière naturelle est dédoublée, alimentant de sa brillance chaque fibre du tissu. 

Entre cinéma et illuminations, Lyon est devenue symbole d’innovation. Mais, contrairement à la croyance commune, la ville brillait déjà bien avant les projecteurs, puisqu’au XVIᵉ siècle, elle trouvait son éclat dans les fils de soie tissés par les Canuts. Ces artisans spécialisés dans le tissage de la soie maniaient déjà la lumière avec maîtrise, faisant circuler la lumière au cœur du tissu. En effet, à partir du XVIᵉ siècle, François Iᵉʳ autorise la ville de Lyon à tisser la soie jusqu’alors importée d’Italie. De là naît un véritable savoir-faire et la soie devient le terrain de jeu des Canuts, développant le symbole d’une excellence lyonnaise. C’est une matière prestigieuse qui séduit grâce à ses nombreuses qualités : infroissable, résistante, absorbante, douce et surtout incomparablement brillante.

Une structure apte à refléter la lumière 

La soie est un filament qui est produit par le Bombyx Mori ou aussi appelé « ver à soie ». La chenille sécrète un fil très résistant afin de pouvoir enrouler son cocon avec celui-ci et entamer sa transformation en papillon. C’est justement cette production réalisée d’un fil enroulé qui est récupérée puis défaite pour en tirer un filament de soie. Ce fil obtenu est particulièrement précieux; d’une part du fait du coût de sa production, mais surtout de par un de ses caractéristiques très particulières : sa capacité à guider la lumière due à sa structure microscopique.

Une fois le fil de soie obtenu et prêt à être tissé commence la confection de l’étoffe. Elle se compose de deux systèmes de fils, la chaîne et la trame, qui sont croisés les uns au-dessus des autres. La manière de croiser les fils est appelée l’armure et beaucoup d’entre elles peuvent sembler familières comme la toile, le sergé ou encore le satin. Cette dernière est particulièrement connue pour sa brillance et son reflet de la lumière. L’armure satin laisse très peu d’intersections visibles. Les fils de trame passent sous plusieurs fils de chaîne, ce qui produit une surface particulièrement plane et régulière. Cette configuration permet donc de réfléchir uniformément la lumière sur toute la surface du tissu, donnant au satin sa brillance caractéristique et sa texture lisse. Le satin de soie est d’ailleurs l’un des tissus naturels les plus prestigieux.

L’ennoblissement pour plus de lumière

Lorsque le filament de soie est tissé, devenu un satin ou autre, une dernière étape avant la commercialisation est possible. L’ennoblissement consiste à ajouter ou à renforcer certaines propriétés du tissu. Il est possible de séparer en deux catégories les manières d’ennoblir une étoffe: chimique, ou mécanique. Les actions mécaniques modifient la surface, le toucher ou l’apparence d’un tissu par l’action physique de machines. Par exemple, le calandrage est l’action de presser la matière sous des rouleaux chauffés qui aplatissent le tissu, renforçant sa brillance. Il est également possible de changer l’aspect du tissu grâce à des actions chimiques. Le mercérisage en est un exemple. Ce procédé permet de gonfler les fibres du tissu et de renforcer la brillance grâce à l’utilisation d’une solution de soude. Naturellement conductrice de lumière, la soie le devient davantage grâce à ces savoir-faire. 

C’est elle, qui a allumé le premier cierge lyonnais et donné à la ville son éclat légendaire.

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Luce

Issue d’un cursus d’arts appliqués en design textile, j’ai à coeur de partager une vision de la mode plus éthique, actuelle et inclusive.