Animal totem et maison de mode

Depuis des centaines d’années, les animaux font partie intégrante de l’histoire des maisons de couture, de parfums et de joaillerie. Valeur sentimentale, animaux totem ou simple indication sur le produit, retour sur quelques-unes de ces associations.

Hermès et son cheval

Logo Hermès sur un sac

L’histoire d’Hermès et de son cheval remonte à la création de l’entreprise qui, avant de se diversifier pour proposer d’abord de la maroquinerie puis des collections de vêtements, vendait selles et autres équipements d’équitation. En effet, Thierry Hermès était maître harnacheur sellier et vendait ses produits équestres dans sa propre boutique. Il va même équiper les chevaux du tsar Nicolas II après avoir remporté en 1867 la médaille de première classe à l’exposition universelle. C’est donc naturellement qu’il va choisir le cheval pour représenter ce savoir-faire équestre.

Aujourd’hui encore, l’entreprise Hermès fabrique des selles, des cravaches et autres accessoires, grâce à une équipe d’experts et un retour constant de grands cavaliers, afin de proposer un équipement luxueux au plus proche des besoins réels du cheval et de son cavalier.

Kenzo et son tigre

Quand Takada Kenzo ouvre sa première boutique à Paris après avoir fait ses études au Japon d’où il est originaire, il décide dans un premier temps de l’appeler Jungle Jap. Il a pour but de célébrer ses origines japonaises et la culture de son pays. C’est dans cette optique que, lorsqu’il change sa marque de nom pour l’appeler Kenzo, il décide d’associer à son nom son animal totem, symbole de force, d’énergie, de détermination et de courage : le tigre.

Très engagé pour la cause animale, notamment pour la protection des tigres, Kenzo s’associe à plusieurs reprises au WWF (World Wide Fund for Nature), qui récolte des fonds pour mener des actions de préservation des espèces. Ils vont faire plusieurs collections pour lesquelles une partie des bénéfices sera reversée à cette organisation.

Logo Kenzo via Kenzo

Bvlgari et son serpent

Bvlgari et son créateur grec Sotírios Voúlgaris tirent leurs inspirations dans la mythologie. C’est dans cette idée qu’en 1948 la première montre-bracelet Serpenti est créée. Ce bijou utilise une technique empruntée à l’industrie du transport de gaz haute pression connue sous le nom de spiratube ou tubogas. Le bracelet est donc composé d’un tuyau métallique élastique qui lui permet de se tordre à la manière d’un serpent sur le poignet de celui.le qui le porte.

À partir de cette création est né le serpent, représentant vitalité, immortalité, savoir et éternel renouvellement, comme emblème de Bvlgari.

Montre-bracelet Serpenti porté par Hudson Williams aux Oscars via Instagram

Lacoste et son crocodile

René Lacoste, espoir du tennis en 1923, aurait fait un pari avec son coach : en cas de victoire, ce dernier lui offrira une pièce de maroquinerie en peau de crocodile. Lacoste perd ce match mais sa ténacité lui vaut le surnom de crocodile.

Puis en 1927, grâce à Robert George et son influence dans la customisation, René Lacoste a l’idée de broder ce même crocodile sur ses polos. C’est le premier à poser un logo apparent sur une pièce textile.

Logo Lacoste sur polo

Guerlain et son abeille

Aqua Allegoria de Guerlain via Guerlain

L’abeille, emblème de l’empire, a été choisie par Napoléon Iᵉʳ pour ancrer la nouvelle dynastie dans les origines françaises, en lien avec les 300 abeilles d’or qui furent retrouvées dans le tombeau du père de Clovis Iᵉʳ en 1653. C’est pourquoi lorsque Pierre-François-Pascal Guerlain est missionné en 1854 de fabriquer l’essence qui accompagnera Eugénie de Montijo devant l’autel pour son mariage avec Napoléon, l’écrin fabriqué par les ateliers Pochet du Courval est orné d’une abeille. À la suite de son succès, il est nommé fournisseur officiel de l’impératrice avec son eau de Cologne impériale. Cet emblème de l’abeille est alors adopté par la marque et aujourd’hui comme en 1854 orne les bouteilles de leurs essences.

About the Author

Olivia Tinchon

Rédactrice pour Blazé.e.s 2025/2026 et étudiante en Master Mode à l’Université de la Mode de Lyon. Après une licence en psychologie et passionnée, j’aime comprendre la mode et ses mécanismes de diffusion.