Ed Razek au milieu des supermodels Victoria's Secret

Machisme dans la mode, le cas Victoria’s Secret

Même si nous sommes à un point de l’histoire où les femmes n’ont jamais été aussi libres dans leurs sous-vêtements, cette industrie reste néanmoins régie par une doctrine machiste. En 2018, cette problématique s’illustre par un scandale. Le directeur marketing de Victoria’s Secret, Ed Razek refuse d’évoluer avec son temps.

Avoir choisi le confort en dépit des règles, ce fut la seule erreur de l’équipe féminine de Beach Handball norvégienne. Lors de l’Euro de 2021, elles affrontent l’Espagne et entrent sur le terrain sablonneux vêtues de short au lieu de l’habituel bikini dont « les côtés doivent être larges d’au maximum 10 cm » selon la réglementation européenne. La commission de discipline de la Fédération Européenne de Handball (EHF) condamne donc l’équipe à une amende de 1500 euros. Celle-ci provoque l’indignation générale, et vient remettre en question les choix des uniformes des sportives de haut niveau. Ce n’est pas la première fois que des pièces assimilées à la garde-robe intime font scandale dans la sphère sportive, mais toutes ces controverses renvoient à une seule affirmation : le machisme pesant sur les sous-vêtements féminins.

Une industrie centrée pour les hommes par les hommes

L’attrait pour la lingerie féminine chez les hommes est presque de notoriété publique. De nos jours, bon nombre de magazines dits « féminins » en ont même fait leur étendard. « Quelles lingeries aiment-ils nous voir porter ? » chez Marie Claire, « Ce qu’ils aiment dans nos dessous » chez Elle. Cette obnubilation pour le vestiaire intime féminin ne date pas d’hier. Et elle est encore massivement représentée. Si les grandes marques de lingerie, telles que Victoria’s Secret, prônent de plus en plus la diversité des corps et des genres, elles restent sujettes aux controverses.

Ed Razek se tenant entre deux mannequins du défilé Victoria's Secret
© Getty Images / Bloomberg

En 2018, Ed Razek, alors chargé du marketing du label, accorde une interview au célèbre magazine Vogue. Il déclare que Victoria’s Secret ne fera pas appel à des mannequins transgenres pour son iconique défilé de mode. Il explique que, selon lui, le spectacle est un événement spécifique, très axé sur l’image traditionnelle de la féminité. Il ajoute que l’enseigne ne compte pas inclure de mannequins « plus size » pour les mêmes raisons, précisant qu’il pense que cela ne correspond pas à la vision de la marque. Il quitte Victoria’s Secret en 2019 sous le feu des critiques, mais en rappelant toujours que le milieu de la lingerie reste tâché de machisme.

Des résistant·es du domaine

Longtemps considérée uniquement comme un moyen de séduction à destination de la gente masculine, la lingerie connait désormais une révolution. Historiquement, les grandes marques n’ont proposé que des tailles limitées, souvent peu adaptées à une réalité corporelle variée. Beaucoup se sont longtemps retrouvé·es exclu·es, incapables de trouver des produits qui leur convenaient. 

Des marques comme Savage X Fenty, fondée par Rihanna, ont bouleversé cette situation en introduisant une offre de lingerie allant de la petite à la très grande taille, sans oublier les nuances de couleurs qui reflètent une diversité de carnations. L’icône de la pop américaine a non seulement redéfini les critères de beauté en montrant que chaque corps mérite d’être célébré, mais elle a aussi fait preuve d’un courage commercial en brisant les tabous liés à la taille et au genre.

Lou Gindro

© Dimitrios Kambouris

Lou Gindro

About the Author

Lou Gindro

Rédactrice permanente pour Blazé·e·s Magazine. Etudiante en Master Mode et Communication à l’Université de la Mode Lyon 2. J’ai suivi une formation en Langues Etrangères Appliquées. Je perçois la mode comme une forme ultime d’art et d’expression et souhaite écrire sur ce sujet professionnellement.