Zaza : L’oiseau de nuit qui affole Paris

Lorsque les costumes en plumes de la Cage Aux Folles chatouillent, le public dit « oui ». Zaza version Laurent Lafitte revient du 30 octobre au 14 novembre prochain à la Seine Musicale.

Une fois encore le succès signé Jean Poiret continue de rendre hilare son public, qui en redemande. De l’hexagone à l’outre-Atlantique, c’est la tolérance et la flamboyance gay qui a permis l’odyssée de l’œuvre des années 70 à aujourd’hui. La Cage Aux Folles, c’est avant tout une pièce à la française version Poiret, puis un film avec un exubérant Michel Serrault dans le rôle de Zaza en 1978. Lorsque le succès traverse l’Atlantique, son script reste le même : un couple homosexuel à la tête d’un cabaret travesti, dont le fils veut marier l’héritière d’un élu conservateur et réactionnaire.

L’œuvre est d’abord reprise à Broadway en 1983, puis fera même l’objet d’un remake américain en 1996. Aujourd’hui, elle revient en fanfare à Paris, dans les mains d’Olivier Py, qui met en scène Laurent Lafitte, entouré de plumes d’autruches et de danseurs en costume argenté. Présentée fin 2025 au Théâtre du Châtelet, le public était déjà sous le charme. Il faut bien avouer qu’il n’y a que le dernier des boudeurs pour se refuser deux heures d’excellence comique, au rythme des danseurs, musiciens et acteurs.

crédits: Mathieu RICHER MAMOUSSE pour M le Magazine Du Monde

Une icône de style

Si La Cage Aux Folles continue de faire un tabac, c’est grâce à la plus pure et bienveillante des morales qui la compose. C’est d’ailleurs tout le secret d’une comédie bien écrite. Zaza est un homme gay, efféminé, qui se travestit et qui est dramatique au possible. Tout dans ce personnage invite à l’excès et pourtant, aucune interprétation n’y cède. Une fois son corset au sol, le personnage de Zaza laisse place à Albin. Sans maquillage et sans artifice, c’est lui qui se dévoile. La vulnérabilité qui le construit est celle d’un homme qui veut aimer et qui cherche surtout à être aimé.

Pourtant, une fois le costume porté, c’est tout un vocabulaire propre à Zaza qui s’impose. Le corset, le vintage, le cabaret – presque anachronique – l’enserre et la structure. Les plumes – lourdes et dramatiques – s’imposent sur scène. Et lorsque les regards sont braqués sur elle, Zaza se languit.

C’est l’esthétique du burlesque dans ce qu’il a de plus solennel. Alexis Mabille le rappelait d’ailleurs en clôturant la Fashion Week Haute Couture 2024, en invitant Dita Von Teese, grande prêtresse du burlesque contemporain, à incarner ses créations sur le podium. La haute couture revendiquait ce soir-là un héritage mode que le personnage de Zaza incarne depuis les années 70.

crédits: Abulon Laurent/ABACA

Si vous avez raté l’occasion de vous réchauffer près des ampoules du décor conçues par Pierre-André Weitz, tout n’est pas perdu. A une époque où la culture tire le diable par la queue, Py investit dans la chaleur des spotlights et son audience lui rend bien, puisqu’à peine les micros des chanteurs coupés, elle se lève et en veut toujours plus. Vous pourrez donc retrouver Zaza le temps de quelques dates en automne 2026. Qui sait, peut-être que vous aussi serez tentés de rentrer dans la cage…

About the Author

Noé RAVELLE-CHAPUIS

Rédacteur pour l’édition 2025-2026 du magazine Blazé.e.s et étudiant en Master de communication de la mode à l’Université de la mode à Lyon. Anciennement dans une formation trilingue en communication-marketing et grand passionné de mode, j’aime mener des projets ambitieux, nourris d’archives et de culture. L’art et la pratique de l’art ont créé en moi une discipline et une ambition sans limites.